Recipes for making murexide from uric acid


Préparation de la murexide(1). En grand aussi bien que dans les laboratoires, cette opération est délicate et difficile à mener à coup sûr. Les conditions de succès doivent être determinées avec soin et précision, à cause de l'extrême facilité avec laquelle cette substance se transforme, dès que l'on depasse les proportions convenables des corps réagissants et le degré de chaleur voulu.

Nous ne parlerons ici que des procédés industriell. Au début, la murexide se vendait en pâte, puis en poudre, mais on finit par la livrer en cristaux.

Murexide en pâte, carmine de poupre. On dispose à la suite les unes des autres une série de terrines en grès de 5 à 6 litres de capacité, en versant dans chacune 1 litre d'acide azotique. On ajoute l'acide urique par petites portions à la fois, en employant les précautions indiquées à propos de la préparation de l'alloxane. Les vases sont beaucoup plus grands que le contenu, afin que la mousse abondante qui se forme ne déborde pas. Chaque terrine exige environ 1 kilog. d'acide urique. L'opération est terminée au bout de 10 à 12 heures et donne un liquide brun qui renferme du nitrate d'urée, de l'alloxane, de l'alloxantine et de l'acide parabanique, avec un dépôt d'acide urique non modifié. La présence simultanée de l'alloxane et de l'alloxantine est très-favorabIe au développement du rouge. Ces deux corps forment à la surface du liquide une croûte cristalline.

Cette solution acide est évaporée au bain-marie, dans des chaudières en fonte émaillée, à une temperature qui ne doit pas dépasser 80°. Elle se colore peu à peu en rouge et finit, en s'épaississant, par devenir d'un brun foncé. La pâte durcit par le refroidissement.

Pendant la concentration, l'urée se décompose, et l'ammoniaque naissante qui en dérive réagit sur le melange d'alloxane et d'alloxantine, pour donner la murexide. Il est plus avantageux de saturer l'acide nitrique libre, avant de chauffer, soit par de l'ammoniaque, soit par du carbonate de soude; dans ce dernier cas il se forme du purpurate de soude.

Murexide en poudre. M. Lauth a proposé le procédé suivant : On dissout 1 kilog. d'acide dans 900 grammes d'acide azotique; on neutralise par 200 grammes d'ammoniaque, puis on chauffe au bain-marie. Quand la température a atteint 70 à 75°, on ajoute au mélange 125 grammes de sulfite de soude. Il se forme de l'alloxantine, et immédiatement après de la murexide. Le produit est lavé avec soin et séché à l'étuve. 1 kilog. d'acide urique donne par ce procédé 400 grammes de murexide en pondre, coûtant environ 30 fr. le kilog.

Murexide en cristaux. On forme une solution d'alloxane à 30° Baumé, et on la sature par l'ammoniaque en ayant soin de n'ajouter cette dernière que peu à peu et en attendant chaque fois que le bain soit redevenu acide. Quand la saturation est complète, ce qui exige environ 30 p.100 en volume, on chauffe. La solution rougit promptement, et devient d'un pourpre magnifique. A ce moment on abat le feu et on laisse refroidir. La murexide se sépare alors en cristaux.

Paul Schützenberger, Traité des matières colorantes, comprenant leurs applications à la teinture et à l'impression et des notices sur les fibres textiles les épaississants et les mordants publié sous les auspices de la Société industriele de Mulhouse et avec le concours de son comité de chimie, vol 1 pp 408-409, Paris, 1867.



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